Les Pays-Bas, terre d'eau

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L’eau y est présente en abondance. L’expertise des Pays-Bas en matière de maîtrise de l’eau est largement reconnue. Ce rapport privilégié à l’eau a largement contribué à la prospérité du pays. En fait, pour les Néerlandais, l’eau est comme une seconde nature.

Aperçu

La superficie totale des Pays-Bas est de 41 500 km2, dont 7 700 sont recouverts d'eau. Trois grands fleuves (le Rhin, la Meuse et l'Escaut) traversent les Pays-Bas avant de se jeter en mer du Nord. Un quart des Pays-Bas est situé sous le niveau de la mer. Le niveau de référence utilisé dans la mesure du relief est le Normaal Amsterdams Peil (niveau normal d’Amsterdam) ou NAP (0 mètre NAP = niveau de référence de la mer à marée basse). Nieuwerkerk aan den Ijssel, situé à 6,74 mètres sous le niveau de la mer (-6,75 NAP), est le point le plus bas des Pays-Bas. L’aéroport de Schiphol, à Amsterdam, est le seul aéroport au monde à être situé sous le niveau de la mer (-4 NAP). 

Les Pays-Bas, l'eau et le tourisme

Avec autant d’eau (douce ou salée), les Pays-Bas sont une destination idéale pour la pratique d’activité sportives liées à l‘eau. Vous avez le choix entre la voile, le canoë, la planche à voile, le kitesurf, la plongée, la pêche à la ligne, etc. Les provinces qui s’y prêtent le mieux sont la Frise (lacs frisons) et la Zélande (mer du Nord, lac de Grevelingen, Escaut oriental). Il est également possible de naviguer d’une ville à l’autre en empruntant des itinéraires touristiques.

Du 1er mai au 1er octobre, les provinces mesurent la qualité des eaux de baignade officielles. 

Agenda
Chaque année, le calendrier touristique regorge d’une multitude de manifestations  nautiques dont :

Les sites intéressants
La ligne de défense d’Amsterdam (ouvrage figurant sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, composé de 135 km de fortifications et de zones inondables protégeant Amsterdam des invasions), pour ceux qui s’intéressent aux liens historiques entre les Néerlandais et l’eau. Les ouvrages du plan Delta, le Verdronken Land van Saeftinghe (les terres inondées de Saeftinghe) dans l’Escaut oriental, Giethoorn (la Venise des Pays-Bas), le musée de l'eau des Pays-Bas (Nederlands Water Museum), le musée maritime d'Amsterdam (Scheepvaart Museum Amsterdam), le musée maritime de Rotterdam (Maritiem Museum Rotterdam), le navire De Batavia, le muZEEum de Flessingue (Musée Maritime), en Zélande, et le musée de la mer du Sud (Zuiderzeemuseum), explorent également les liens qui unissent les Pays-Bas à l’eau.

Hébergements
L’été 2012 verra l’ouverture d’un mode d’hébergement inédit, au bord de la mer des Wadden : le Waddendobber. Cette habitation en forme de bouée, conçue pour accueillir quatre personnes, est échouée sur un banc de sable à marée basse et flotte à marée haute. Autres modes d’hébergement sur l’eau : le camping sur radeau (Kagerplassen, Utrecht, Biesbosch), le Botel  ou bateau-hôtel (Amsterdam, Rotterdam, Maastricht ou ailleurs).

La lutte contre les eaux 

Des siècles durant, les Néerlandais ont livré bataille contre les eaux. Les agriculteurs préservaient leurs terres des inondations à l’aide des moulins et des digues. Le niveau de la mer a augmenté de 17 cm au cours du siècle dernier et devrait s’élever de 59 cm au cours du siècle actuel.

Lors des grandes inondations de 1953, 8 % du pays furent inondés et on déplora 1 838 victimes. Depuis, le comité du Delta s’est lancé dans un gigantesque projet de barrières anti-tempêtes, barrages et digues afin de garder le pays au sec. La devise de la province de Zélande illustre ce combat de manière touchante : « Luctor et emergo » (Je lutte et je surmonte).

Les barrages de protection: sites touristiques

D‘énormes barrages font désormais partie du paysage touristique : la barrière anti-tempête de la nouvelle voie navigable Nieuwe Waterweg (qualifiée de huitième merveille du monde), le barrage de l’Escaut oriental d'Oosterscheldekering (parc de Neeltje Jans Delta), le barrage de l’Europort Barrier (Maeslantkering, Hartelkering et la digue renforcée de Rozenburg) et le canal de la mer du Nord. Il faut également citer la digue Afsluitdijk, longue de 30 km, reliant les provinces de Hollande-Septentrionale et de Frise, et séparant le grand lac d’IJsselmeer de la mer des Wadden. Cette digue protège une vaste région des Pays-Bas des inondations et joue un rôle important dans la maîtrise de l’eau.

En raison du réchauffement climatique et l’élévation du niveau de la mer, elle reste une grande priorité pour les Pays-Bas La tendance actuelle est de laisser davantage d’espace à l’eau, les crues étant plus fréquentes lorsqu’un contrôle exagéré est exercé.

L'eau, source de prospérité aux Pays-Bas

Au cours du Siècle d'Or (17e siècle), les Pays-Bas s'imposèrent comme grande puissance commerciale maritime. Les célèbres navires de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales sillonnaient les mers, avec leurs chargements d'épices, d'étoffes et d'esclaves – l’esclavage ayant marqué une triste page de l'histoire du pays. Au cours de cette période, Amsterdam, Utrecht et Rotterdam se muèrent en centres commerciaux importants, favorisés par cette proximité de l’eau. Avec le temps, les Pays-Bas sont devenus un acteur important du transport par porte-conteneurs et du transport maritime, et Rotterdam est désormais le second plus grand port du monde. Les infrastructures navales ne se limitent pas au transport maritime, mais englobent également le réseau fluvial néerlandais, en direction de l’Europe de l’Est. Enfin, l’industrie de la pêche constitue également un secteur important pour les Pays-Bas.

Un savoir de l'eau qui s'exporte

Les Pays-Bas sont reconnus dans le monde entier pour leur expertise en gestion de l'eau. Les entreprises néerlandaises spécialisées dans le dragage (Royal Boskalis, Van Oord) et l’ingénierie hydraulique (cabinet de conseil DHV, Witteveen+Bos, Arcadis et Royal Haskoning sont dans les dix premières du monde) collaborent à des projets hydrauliques dans le monde entier, un marché qui n’est pas encore saturé du fait du changement climatique et de l’élévation du niveau de la mer. Les experts néerlandais sont aussi consultés pour les installations de distribution d’eau (potable).

Le secteur de l'eau porte également ses efforts sur l’innovation au service d’une utilisation durable de l’eau, avec des projets comme Tulip Island, parc éolien en mer du Nord destiné à produire de l’électricité ou Waterfactory, au zoo d’Emmen, utilisé pour le recyclage de l’eau.

Au fil de l'eau

Dans un pays aussi densément peuplé que les Pays-Bas, les maisons flottantes offrent une solution de plus en plus intéressante à la pression urbaine. Avec l’élévation du niveau de la mer et les précipitations de plus en plus abondantes, la demande en lieux de stockage d’urgence et zones de déversement dans les endroits pauvres en terrains constructibles est de plus en plus pressante. Mais vivre sur l’eau ne date pas d’hier. Les péniches offraient autrefois une solution de logement bon marché, et incarnent aujourd’hui un mode de vie indépendant, proche de la nature. L’organisation de la vie sur l’eau est désormais envisagée à grande échelle aux Pays-Bas : ce ne sont plus seulement des maisons individuelles qui sont construites sur l’eau, mais des quartiers entiers. Voici quelques exemples : Blauwe Hart à Leeuwarden, Waterwijk à Zierikzee et Terwijde, dans le quartier en cours de développement de Leidsche Rijn à Utrecht. IJburg, près d’Amsterdam, est formé de pâtés de maison flottants avec des jetées en guise de trottoirs et de squares. Booneiland, dont les maisons ont été conçues par Piet Boon, est en voie de construction à Almere.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Certains évoquent l’idée d’un village flottant sur le lac d’IJmeer, pour accueillir les Jeux Olympiques de 2028 – projet qui a été baptisé Aquarius.