De Bosch à Bruegel : les bonnes mauvaises mœurs

402 fois

15 octobre 2015

De Bosch à Bruegel : les bonnes mauvaises mœurs

Des textes obscènes, de l’alcool qui coule à flots, des gens qui se disputent, des organes génitaux tracés sur les murs, des plaisanteries grivoises et autres pitreries tirées de la vie quotidienne au XVIe siècle.

En savoir plus

Des textes obscènes, de l’alcool qui coule à flots, des gens qui se disputent, des organes génitaux tracés sur les murs, des plaisanteries grivoises et autres pitreries tirées de la vie quotidienne au XVIe siècle.

À l’automne 2015, la grande exposition « De Bosch à Bruegel » présente des peintures et des gravures représentant des scènes d’où les « bonnes manières » sont absentes. C’est la toute première fois qu’une exposition rassemblant des chefs-d’œuvre de la fin du Moyen Âge est organisée sur ce thème.

"On ne peut pas regarder Bruegel sans au moins sourire"

C’est un monde peuplé de paysans festoyant gaiement, de mendiants visitant des prostituées et de charlatans perdant leurs gains au jeu, sous l’œil amusé de bouffons au premier plan ou à l’arrière-plan. L’exposition De Bosch à Bruegel présente une sélection de peintures et de gravures « politiquement incorrectes » du plus haut niveau artistique. Une quarantaine de peintures et autant de gravures du XVIe siècle, issues de collections privées ou de musées, sont réunies durant quelques semaines sous un même toit à Rotterdam. Dès l’automne 2015, le Musée Boijmans Van Beuningen à Rotterdam est ainsi le premier musée au monde à organiser une exposition consacrée à la peinture de genre, un thème nouveau à cette époque, qui pour la première fois se détache des sujets mystiques, religieux et des portraits. Cette sélection d’œuvres sur bois et sur papier est complétée par quelques objets et manuscrits. Les conservateurs Friso Lammertse et Peter van der Coelen le disent d’une seule voix : « On ne peut pas regarder Bruegel sans au moins sourire ».

‘Le Chariot de foin’ de Jérôme Bosch de retour aux Pays-Bas après des siècles d’absence

Après 450 ans d’immobilité, Le Chariot de foin de Jérôme Bosch quitte pour la première fois l’Espagne pour se rendre aux Pays-Bas, où il est exposé pendant près de six mois. Grâce à un partenariat exceptionnel le public aura l’opportunité unique d’admirer l’imposant triptyque, œuvre clé dans la carrière de l’artiste.

Le Chariot de foin est l'une des pièces maîtresses de la collection du Musée du Prado à Madrid. Fervent collectionneur d’œuvres de Bosch, le roi Philippe II d'Espagne avait fait l’acquisition du triptyque en 1570 pour sa collection particulière. Le tableau, superbement restauré, révèle un peintre au sommet de son art, maniant son pinceau avec une audace et une virtuosité incomparables. Il est aussi l'une des premières peintures de l'histoire de l’art à représenter des scènes de la vie quotidienne. Un cortège de gens suit un chariot de foin, métaphore du matérialisme, et se dirige tout droit vers l'enfer. Au premier plan, des motifs populaires du Moyen Âge comme les moines avinés, les arracheurs de dents, les joyeux musiciens et les diseurs de bonne aventure. Un couple d'amoureux est assis sur le chariot, encadré de part et d'autre par un ange et une petite créature diabolique, au croisement des traditions anciennes et modernes. Le tableau sera exposé à partir du mois de février 2016 à Bois-le-Duc, pour la rétrospective

« Jheronimus Bosch – Les visions d’un génie » au Het Noordbrabants Museum.

De Bosch à Bruegel au Musée Boijmans van Beuningen à Rotterdam du 10 octobre au 17 janvier 2016