Les maîtres espagnols

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10 décembre 2015

Les Maîtres Espagnols de Saint-Pétersbourg à l’Hermitage Amsterdam

Le musée Hermitage Amsterdam a ouvert ses portes à l’exposition tant attendue qui présente pour la première fois aux Pays-Bas un choix de chefs d’œuvres des Maîtres espagnols de la collection de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg.

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Le musée Hermitage Amsterdam a ouvert ses portes à l’exposition tant attendue qui présente pour la première fois aux Pays-Bas un choix de chefs d’œuvres des Maîtres espagnols de la collection de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg.

L’art espagnol


L’univers de Velázquez, El Greco, de Ribera, Zurbarán, Velázquez, Murillo & Goya, en soixante peintures, complétées par tout un florilège d’œuvres graphiques et de créations des arts appliqués ; jamais encore les Pays-Bas n’avaient pu présenter un tableau aussi vaste de l’art espagnol, rarement aussi bien représenté dans les collections hors d’Espagne. Parmi tous ces chefs-d’œuvre, citons Les apôtres Pierre et Paul (1587–92) du Greco, Tête d’homme de profil (vers 1616) de Velázquez, L’Immaculée conception (vers 1680) de Murillo et le Portrait de l’actrice Antonia Zárate (1810–11) de Goya, sans compter des œuvres d’élèves ou de peintres ultérieurs, et ce jusqu’au jeune Picasso. Elles illustrent l’essor et les fastes de l’art espagnol en son Siècle d’or, dont l’influence perdure jusqu’à nos jours.

Le Siècle d'or de l’Espagne


La fin du XVIe siècle et tout le XVIIe sont considérés comme le Siècle d’or de la peinture espagnole – comme d’ailleurs de la peinture hollandaise. En ces temps où les Pays-Bas entament leur longue lutte contre la domination espagnole, l’Espagne forge un art profondément original. C’est en 1563 que Philippe II, monarque absolu dans une société dominée par l’Église catholique, lance la construction du gigantesque palais-monastère de l’Escurial, qui va être décoré par les plus grands maîtres espagnols et italiens. L’incomparable richesse que l’Espagne doit alors à ses conquêtes, à la fièvre de l’or qui a saisi les maîtres de cet empire si étendu que « le soleil ne s’y couche jamais », vaut aux peintres un afflux de commandes du souverain, de l’Église et des particuliers, source d’un essor inégalé de l’art espagnol.

Ce qui frappe, dans les œuvres des grands peintres espagnols


C’est l’heureuse confluence du spirituel et du théâtral. Sous l’influence des Italiens Le Greco, Ribera et Zurbarán élaborent un art typiquement espagnol, marqué par des clairs obscurs encore plus intenses. Leurs œuvres expriment tout le tempérament et toute la fierté ibériques. Murillo et l’influent Velázquez y ajoutent leur écriture propre et parviennent ainsi à de nouveaux sommets. Dans leur sillage le très talentueux Goya nous confronte à un réalisme impitoyable, qui s’exprime dans de pénétrantes séries gravées, dont l’exposition présentera des exemples frappants, notamment des Désastres de la guerre – illustration cruelle des horreurs de l’occupation napoléonienne en Espagne.

Les peintres des XIXe et XXe siècles se montrent fidèles à cette tradition, jetant un regard contrasté sur leur société, en éclairant tantôt leur culture baignée de soleil, tantôt les heures sombres de leur histoire.

Les maîtres espagnols, Hermitage Amsterdam. Du 28 novembre 2015 au 29 mai 2016.