L’oasis de Matisse : 27 mars – 16 août 2015

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18 mars 2015

L’oasis de Matisse : 27 mars – 16 août 2015

Le Stedelijk Museum d’Amsterdam est heureux de pouvoir présenter au printemps prochain l’exposition L’oasis de Matisse

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© Succession H. Matisse co Pictoright Amsterdam 2014

Le Stedelijk Museum d’Amsterdam est heureux de pouvoir présenter au printemps prochain l’exposition L’oasis de Matisse, qui réunira une centaine d’œuvres provenant d’une trentaine de prêteurs. Jamais ces soixante dernières années, les Pays-Bas n’avaient organisé une exposition consacrée au grand maître français et réunissant tant de ses œuvres.

Le Stedelijk Museum a choisi pour cette exposition une conception unique: sa collection permanente, présentée au rez-de-chaussée, sera enrichie par un choix d’œuvres majeures, en une combinaison intéressante et novatrice de créations de contemporains, de maîtres et de suiveurs choisies dans la collection du musée. Cela permettra autant de placer sous un éclairage nouveau le travail d’Henri Matisse (1868-1954) et d’autres artistes, et de mettre en évidence la voie que suivit le maître dans son itinéraire artistique.

Bart Rutten, premier responsable des collections du musée, explique que ‘’confronter l’œuvre de Matisse à celles de notre collection permet à la fois de porter un regard neuf sur cette collection et de voir sous un autre éclairage l’œuvre d’un des artistes les plus étudiés, décrits et montrés au monde. Matisse dévoile ainsi, par ce dialogue avec des œuvres icônes de notre collection, des aspects moins connus de son art. Par exemple, les expressionnistes regardaient volontiers les fauvistes – qui voit Kirchner se souvient de la brutalité de certaines œuvres de Matisse. Et qui observe les préoccupations d’un Matisse et d’un Mondrian en 1914 comprend que les deux artistes, chacun dans son originalité, s’affrontent à un abstractionnisme naissant. Bien que l’œuvre de Matisse en possède déjà tous les ingrédients, l’artiste n’a jamais franchi le pas ultime vers la totale abstraction. Il aimait trop la réalité.’’

Visiter la collection du rez-de-chaussée, c’est se préparer à appréhender l’œuvre tardive de Matisse, présentée à l’étage supérieur, avec en pièce majeure son papier découpé La Perruche et la Sirène de la collection de notre musée. Cette œuvre favorite du public voisine avec d’autres grands découpages de Matisse jamais ou rarement présentés aux Pays-Bas, tels Memory of Oceania (Souvenir d’Océanie) du Museum of Modern Art de New York, The Snail (L’Escargot) de la collection Tate Modern de Londres et The Sheaf (La Gerbe) du Hammer Museum of Art de Los Angeles. L’exposition en présentera également certaines créations dérivées rarement exposées, telles textiles et peintures sur verre.

Bart Rutten rappelle que ‘’Cette année, La Perruche de la collection du musée a constitué une des pièces majeures des grandes expositions Matisse à Londres et New York, et que là-bas comme ici elle fut une œuvre favorite du public. Elle va bientôt revenir à Amsterdam, accompagnée de prêts vraiment exceptionnels d’un certain nombre d’institutions – le Museum of Modern Art de New York, la Tate de Londres, le Musée Matisse, la Fondation Beyeler – qui se sont montrées particulièrement généreuses. Il est intéressant de voir les découpages de Matisse dans le contexte où il les pensait. Car Matisse les exécutait aussi en tapis, tout en en tirant également pour la chapelle de Vence des vitraux et de splendides chasubles.’’

Une oasis sans soucis

Un des pères fondateurs de l’art moderne, Matisse nous a laissé des peintures qui comptent parmi les plus admirées de la première moitié du XXe siècle. Ses thèmes favoris sont les intérieurs orientaux avec des nus, les étoffes et tapis aux couleurs vives, les plantes d’intérieur et les paysages idylliques. Matisse est un maître incomparable de la synthèse des fonds et des premiers plans pour en forger un ensemble ardent – les motifs somptueux d’un tapis de table se retrouvent ainsi dans les habits et le papier des murs. C’est en Algérie, au Maroc, à Nice et à Tahiti qu’il va chercher son inspiration, là où il trouve un paradis qu’il exprime par ses courbes et ses plages aux couleurs unies, images de ‘’L’oasis de Matisse’’.

Vers la fin de sa carrière, cet artiste jouissant pourtant déjà d’une immense réputation internationale n’hésite pas à explorer une nouvelle voie artistique, innovant par ses découpages décoratifs de grand format. Qui considère l’ensemble de son œuvre ne peut que constater que dès ses débuts, et jusqu’à sa disparition, il rechercha une approche minimaliste de la couleur et de la forme pour suggérer dans ses créations une insouciance toute de légèreté et de gaieté.

La Perruche et la Sirène

Le monde que Matisse découvre à Tahiti est si déroutant qu’il ne sait, d’abord, comment l’exprimer dans son art. Les éléments qu’il en retient n’apparaîtront dans son œuvre qu’une quinzaine d’années plus tard. Notre exposition suit l’émergence du monde sous-marin dans de grands découpages et sérigraphies sur toile, tels Océanie, La Mer en Océanie, Le Ciel, En Polynésie, La Mer en Polynésie. On y retrouve aussi les plantes sous-marines déjà apparues sur La Perruche et la Sirène, ce découpage que Matisse a le plus longtemps retravaillé en 1952/53, et qu’il considère lui-même comme une de ses œuvres les plus réussies. Désormais cloué dans son fauteuil roulant, il y voit comme ‘’un petit jardin qui m’entoure et où je puis me promener’’.

Pour lui, ces découpages ne sont pas que des peintures, des dessins et des sculptures, il les voit aussi comme une des bases de ses monumentales décorations d’intérieur combinant vitraux, tableaux de carreaux de faïence, tapisseries, et aussi de son célèbre livre Jazz, universellement admiré. Entendant par ce biais rendre ses créations accessibles à un large public, l’artiste s’impliqua étroitement dans l’exécution des tirages de ces œuvres.

Ode de Daniel Buren à Matisse

Tout spécialement pour l’exposition, on va installer autour de l’escalier historique le Kaléidoscope que Daniel Buren créa en 1976 précisément pour ce lieu. Hommage manifeste à Matisse, cette œuvre se compose de 52 remplissages pour les ‘’pendentifs’’ dans l’architecture, les formes résiduelles triangulaires jouxtant les formes rondes au-dessus de la porte ainsi que pour les fenêtres en verre au-dessus de l’ancienne entrée. Buren utilisa exactement non seulement les couleurs mêmes de La Perruche et la Sirène (jaune, vert clair, rouge, violet, orange, vert foncé et bleu), mais aussi le même nombre de fois de l’utilisation de ces diverses couleurs dans le célèbre découpage de Matisse (respectivement 4x, 4x, 6x, 6x, 10x, 10x et 12x).

L’oasis de Matisse : 27 mars – 16 août 2015