Petit pays, grand design

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5 décembre 2014

Petit pays, grand design

Qui pense à design, pense tout de suite aux Pays-Bas où le Design Academy d’Eindhoven donne depuis longtemps le ton dans ce domaine créatif et artistique. Nombreux sont les jeunes créateurs qui se sont rendus à Amsterdam pour trouver leur style et l’espace nécessaire pour expérimenter. Les friches industrielles et navales de l’ancien port d’Amsterdam sont des endroits par excellence pour exploiter leurs talents. Ces sites dans les quartiers nord se transforment avec l’aide de la municipalité en pépinières où se cachent des perles innovatrices.

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Qui pense à design, pense tout de suite aux Pays-Bas où le Design Academy d’Eindhoven donne depuis longtemps le ton dans ce domaine créatif et artistique. Nombreux sont les jeunes créateurs qui se sont rendus à Amsterdam pour trouver leur style et l’espace nécessaire pour expérimenter. Les friches industrielles et navales de l’ancien port d’Amsterdam sont des endroits par excellence pour exploiter leurs talents. Ces sites dans les quartiers nord se transforment avec l’aide de la municipalité en pépinières où se cachent des perles innovatrices.

D’un chantier naval à une zone créative

Le NDSM (Nederlandsche Dok en Scheepsbouw Maatschappij) est le vestige historique du plus grand chantier naval qu’a connu Amsterdam, qui, à la rive nord du fleuve IJ, devient actuellement un site créatif. Les énormes paquebots et les superpétroliers d’autrefois ont cédé la place aux festivals (Over het IJ Festival) et à d’étonnantes initiatives gastronomiques (IJkantine, Pllek). Certains vieux bâtiments en brique rouge y cherchent encore la voie vers une nouvelle vie. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une évolution unique qui respire la liberté, la positivité et l’esprit d’entreprise.

À titre d’exemple, le Wunderkammer – initiative de Florian Seyd et Ueli Signer – inspire l’amour pour la nature. Ce couple de créateurs de pièces florales crée des scènes uniques, exclusivement composées avec des éléments naturels. Le duo et leur équipe commencent à se faire connaître hors des frontières néerlandaises. En plus, le Wunderkammer organise deux fois par an l’événement « Shop for a Week », c’est-à-dire un magasin éphémère qui, chaque fois situé dans un autre endroit, s’ouvre pendant dix jours seulement. C’est l’occasion par excellence d’exprimer la créativité florale aux visiteurs ébahis.

Un autre couple de designers fascinés par la nature sont les fondateurs du Studio Drift. Lonneke Gordijn et Ralph Nauta se sont découverts à l’Académie de Design d’Eindhoven. En effet, ils ont des intérêts en commun : la relation entre la nature, la technologie et l’humanité. Ensemble, ils ont cherché la manière dont on peut représenter les mouvements de la nature à l’aide de la technologie, comme leur fameux « Shylight », une lampe extraordinaire de soie fine, qui ressemble à une fleur qui s’ouvre. Ces lampes sont aussi à admirer dans l’aile Philips du Rijksmuseum à Amsterdam.

Studio Drift est toujours à la recherche de nouveaux matériaux et de techniques innovatrices, dont témoigne leur « Obsidian Mirror ». Le matériel de ce miroir, résultat de recyclage de déchets, est un pas en avant pour la question de la pollution de l’environnement. Et c’est n’est qu’un début de découvertes fort intéressantes.

L’esprit d’entreprise se reflète également dans le projet du 3D Print Canal House des architectes DUS. C’est non seulement une exposition, mais également un lieu pour la recherche dans le domaine des nouvelles possibilités qu’offrent les imprimantes 3D. L’objectif : imprimer un vrai hôtel particulier dans le pur style de l’architecture des immeubles qui arborent les canaux d’Amsterdam depuis le Siècle d’Or. Avec la réalisation de ces canaux il y a 400 ans, Amsterdam était un exemple d’innovation pour tout l’Europe. Aujourd’hui, le projet 3D a l’ambition de montrer la même audace et de marier tradition et modernité.               

La Tour A’DAM est le nouveau nom pour « Toren Overhoeks », une tour conçue par l’architecte Arthur Staal sur l’ordre de Royal Dutch Shell. Ayant été ouverte en 1971, la tour a abrité la multinationale jusqu’en 2009. Le nom actuel A’DAM forme non seulement l’abréviation de la capitale, mais aussi l’acronyme pour « Amsterdam Dance and Music ». A partir de juillet 2014, la rénovation de l’A’DAM a commencé : la tour sera un lieu où les affaires, le divertissement et la gastronomie se rejoignent. Le tout couronné d’une vue panoramique à quelques dizaines de mètres d’altitude. 

Le design s’installe au bord de l’eau  

Sur le bord du Rijnkanaal, on trouve le grand hangar Krux qui offre 1500 m2 d’espace, où de jeunes artistes et créateurs peuvent expérimenter et échanger leurs idées. Ce concept a été initié par quatre designers, qui se sont rencontrés à Eindhoven et qui ont voulu préserver l’ambiance de partage après la fin de leur formation à l’académie. Dans ce site pilote, vingt créateurs travaillent dans des studios individuels et sont financièrement aidés par la municipalité qui a garanti un prix de location particulièrement bas. Dans cette pépinière dénommée Krux ont lieu également des expositions, des événements et des conférences. Ainsi le projet prouve que le design est un art partagé et ouvert à tout le monde. 

Le design s’applique également à l’art de la table et à l’intérieur de la maison avec Scholten & Baijings. Collaborant ensemble depuis 2000, leur œuvre a déjà été exposée dans les collections de Centraal Museum (Utrecht), de Stedelijk Museum (Amsterdam) et de Nederlands Textiel Museum (Tilbourg). Leur griffe, qui ressort clairement de la porcelaine qu’ils ont développée, est marquée par des couleurs inspirées par des teints japonais. Le bleu genre aquarelle, le vert clair, le rouge-orange et l’ocre y donnent le ton. Leur renommée ne se limite pas seulement aux Pays-Bas: Scholten & Baijings ont des clients au Japon, aux Etats-Unis, au Danemark et aussi en France. Certaines de leurs créations sont en vente au Bon Marché de Paris.

« Tu ne feras pas de designs ennuyeux ». Voilà le premier des dix commandements établis par Tjep. Ce studio, qui trouve sa naissance en 2001, a été l’initiative de Frank Tjepkema cinq ans après sa formation à Eindhoven. Non seulement il dirige son studio sur les rives de l’IJ, mais il provoque également un public international avec son art et ses objets d’exposition, qui reflètent la société contemporaine, comme la « Recession Chair », « Bling Bling » et « Oogst ». Un style inédit qui se laisse admirer à New York, à Amsterdam et à Hambourg.

L’Hôtel Lloyd est un lieu comme aucun autre dans le monde. Jadis, ce bâtiment austère abritait des candidats peu fortunés à l’émigration vers les Amériques avant leur départ. Aujourd’hui, c’est devenu un des hôtels les plus originaux du Vieux Continent. C’est la compagnie Koninklijke Hollandsche Lloyd qui a fait construire ce bâtiment et l’exploitait entre 1921 et 1935. D’ici partaient les grands navires et le bâtiment pouvait offrir un toit et un lit à 900 émigrants à la fois avant leur départ.

Après avoir été une prison allemande pendant l’Occupation, puis une maison de détention pour mineurs et ensuite un atelier artistique, l’Hôtel Lloyd a ouvert ses portes dans ce lieu en 2004. A l’époque, c’était le premier hôtel dans le monde qui offrait des chambres, variant d’une à cinq étoiles. L’hôtel héberge depuis son ouverture une ‘ambassade culturelle’, un espace dédié aux œuvres de créateurs. Et chaque chambre est drôlement différente : ne vous étonnez pas d’y trouver une balançoire, un piano ou bien un lit à six places. Ainsi les voyageurs qui viennent de loin, ont l’opportunité de s’imprégner en douceur du design néerlandais.

Toutes ces initiatives autour des rives de l’IJ témoignent du haut niveau et de la créativité inépuisable, dont le design néerlandais se caractérise. Amsterdam se réinvente à vive allure dans ces quartiers autour de l’IJ et la fameuse chanson de Jacques Brel sur le port d’Amsterdam y prend une toute nouvelle dimension. À tenir à l’œil !