Une rétrospective de William Kentridge

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10 juin 2015

EYE Amsterdam présente une rétrospective des œuvres de William Kentridge

EYE présente l’exposition If We Ever Get to Heaven avec des œuvres du célèbre artiste sud-africain William Kentridge.

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EYE présente, depuis le 25 avril, l’exposition If We Ever Get to Heaven avec des œuvres du célèbre artiste sud-africain William Kentridge (Johannesburg, 1955). Kentridge s’est fait un nom avec ses films d’animation extraordinaires, ses dessins au fusain ainsi qu’avec ses installations composées de films, sons, musique et objets sculpturaux. Il travaille aussi en tant que metteur en scène à l’opéra et au théâtre. En exclusivité pour EYE, Kentridge a créé More Sweetly Play the Dance, une frise d’images animées d’environ 45 mètres.

More sweetly play the dance

EYE expose également quelques autres grandes œuvres de Kentridge, entre autre l’installation vidéo sur huit écrans I Am Not Me, the Horse Is Not Mine de 2008, basée sur la nouvelle Le nez de l’écrivain russe Nikolaj Gogol datant de 1836. L’organisation d’une si grande rétrospective, réunissant plusieurs installations de Kentridge, est une première aux Pays-Bas.

Un thème important et récurrent dans l’œuvre de William Kentridge est le passé chargé de sa patrie l’Afrique du Sud. Il n’est guère surprenant de constater que ce fils de deux importants avocats de la lutte anti-apartheid ait su traduire dans son œuvre ce conflit dans toute sa complexité. Utilisant fréquemment les animations dessinées ainsi que des techniques simples d’avant l’ère du cinéma, Kentridge dépeint un univers où la réalité politique joue un rôle essentiel. Dans son œuvre, les formes et par conséquent les significations, sont sans cesse sujettes au changement. Cela se manifeste non seulement dans ses animations dessinées au fusain, puis gommées, mais également dans ses objets cinétiques, ses collages, ses dessins et ses autres œuvres. “....taking sense and deconstructing it, taking nonsense and seeing if sense can be constructed from it...”, selon Kentridge. (… prendre le sens et le déconstruire, prendre le non-sens pour voir si nous pouvons lui construire du sens...)

Son œuvre éclectique comprend des observations ainsi que des réflexions à propos de ce monde où Kentridge est sans cesse à la recherche de l’ambiguïté. Il réussit ainsi à dépasser avec son œuvre le conflit en Afrique du Sud, pour lui donner une valeur et une signification plus universelle et humaine.

“Je n’ai jamais essayé de réaliser des illustrations de l’Apartheid, mais les dessins et vidéos sont sans douté nés de, et alimenté par, la société meurtrie qui en est le résultat. Ce qui m’intéresse, c’est l’art politique, c’est à dire l’art de l’ambiguïté, de la contradiction, des gestes inaccomplis et des fins incertaines.”

Un cortège sans fin

Sa nouvelle œuvre, More Sweetly Play the Dance, que Kentridge réalisa spécialement pour EYE, est une frise de 45 mètres de long, mettant en scène un cortège sans fin d’innombrables silhouettes formant ensemble une image kaléidoscopique de personnes en transit. Ces images nous rappellent celles que nous montrent quotidiennement les médias, de personnes fuyant la famine, la guerre et la maladie. Kentridge les sublime en une procession impressionnante qui montre à la fois leur tristesse, mais aussi leur force vitale. Outre cette nouvelle réalisation, EYE présente également l’impressionnante installation vidéo sur huit écrans I Am Not Me, the Horse Is Not Mine de 2008, basée sur la nouvelle Le nez de l’écrivain russe Nikolaj Gogol, datant de 1836. Other Faces (2011) est également présente, la dixième et plus récente œuvre de la série Drawings for Projection (1989-2011).

L’exposition a été initiée et composée par Jaap Guldemond, en collaboration avec Marente Bloemheuvel.

Publication

A l’occasion de l’exposition a paru la publication More Sweetly Play the Dance, présentant par la parole et par l’image la réalisation de cette nouvelle œuvre, avec un texte par William Kentridge ainsi que de magnifiques images. Langue : anglais. Édité par EYE et nai010publishers. Prix : 19,50 €.

Autour de l’exposition

L’exposition est accompagnée d’un vaste programme annexe dans les salles de cinéma.

À propos de William Kentridge

William Kentridge a suivi des études de sciences politiques et des études africaines à l’Université de Witwatersrand de Johannesburg avant de faire les Beaux Arts à la Johannesburg Art Foundation. A Paris, il a étudié le mime et le théâtre à l’école internationale de théâtre de Jacques Lecoq (1981-1982). Il faisait partie des fondateurs de la Free Filmmakers Co-op à Johannesburg en 1988 et depuis 1992 il travaille également avec la Handspring Puppet Company d’Afrique du Sud. De plus, Kentridge est metteur en scène d’opéra et de théâtre, pour le compte de célèbres compagnies d’opéra ou festivals de théâtre, comme le Metropolitan Opera de New York, la Royal Opera House de Londres ainsi que  le Festival de Théâtre d’Avignon. Kentridge a également travaillé plusieurs fois avec l’Opéra des Pays-Bas ainsi qu’avec le Holland Festival, entre autres pour Il ritorno d’Ulisse de Monteverdi en 2003 et Winterreise de Schubert en 2014. Pour le prochain Holland Festival, Kentridge mettra en scène l’opéra Lulu d’Alban Berg. Pour cette mise en scène pour le compte de l’Opéra National des Pays-Bas, Kentridge s’inspira notamment de films muets des années 20 et 30 du siècle dernier en provenance de la collection d’EYE.

Kentridge a exposé son œuvre imagée lors de la documenta à Cassel (2002 et 20112), au Tate Modern de Londres, au Museum of Modern Art de New York, à l’Albertina de Vienne et à la Biennale de Venise.

William Kentridge – If We Ever Get to Heaven a été cofinancé par une contribution de la Fondation Ammodo.

Exposition William Kentridge – If We Ever Get to Heaven, du 25 avril au 30 août 2015 dans EYE, IJpromenade 1, Amsterdam

https://www.eyefilm.nl/en/exhibitions/william-kentridge-if-we-ever-get-to-heaven-0