Gaspar van Wittel, au Panthéon de l’art

15 avril 2019

En 1673, Gaspar van Wittel (1653-1736) quitte Amersfoort pour s’installer en Italie, où il connaîtra un succès tel qu’il ne remettra jamais les pieds aux Pays-Bas. La plupart de ses œuvres font aujourd’hui partie de collections italiennes, anglaises et espagnoles. Avec l’exposition Maestro van Wittel – Le maître hollandais du paysage urbain italien, le Musée Flehite et le Kunsthal KAdE rendent hommage à ce maître à travers une grande rétrospective. Encore à l’affiche jusqu’au 5 mai !

L’exposition du Kunsthal KAdE présente l’histoire de Van Wittel dans son intégralité : les lieux qu’il a immortalisés, le style qu’il a créé, ses racines néerlandaises, ses nobles commanditaires et son influence certaine sur l’art italien. Par cette rétrospective, le Musée Flehite et le Kunsthal KAdE font entrer Gaspar van Wittel – Gaspare Vanvitelli – au panthéon de l’art néerlandais en tant que maître du paysage urbain (italien).

Gaspar van Wittel (1653-1736), également connu sous le nom de Gaspare Vanvitelli, était principalement apprécié et admiré dans sa patrie de cœur : l’Italie. Ses tableaux représentant Rome, Naples et Venise dans leurs moindres détails, ont fait de lui une figure emblématique des XVIIe et
XVIIIe siècles et ont inspiré d’autres peintres de paysages urbains tels que Canaletto et Bellotto.

Seuls quelques de ses dessins et une unique gouache (Vue d’Amersfoort, collection du Musée Flehite) se trouvent encore aux Pays-Bas. Avec l’exposition Maestro Van Wittel – Le maître hollandais du paysage urbain italien, le public pourra ainsi découvrir l’œuvre considérable de ce maître oublié des Néerlandais à la lumière de sa période d’apprentissage aux Pays-Bas, mais également de son influence sur les védutistes italiens qui lui ont succédé.

Gaspar van Wittel est parti pour l’Italie en 1673 en compagnie de Jacob van Staverden, un autre jeune peintre. Il a alors intégré les Bentvueghels, une « bande de peintres » regroupant depuis plusieurs décennies des artistes néerlandais expatriés à Rome. Grâce à cette confrérie, il a pu découvrir le travail de Lieven Cruyl et d’Abraham Genoels, auteurs de dessins typographiques de la ville, et faire la connaissance de Cornelis Meyer, un ingénieur que le jeune Van Wittel aidera par la suite à illustrer un manuscrit destiné à présenter au Pape un projet visant à rendre le Tibre navigable. Gaspar van Wittel dessine alors pour la première fois la Piazza del Popolo, immortalisant ainsi, vers 1680, la vue qui s’est offerte à lui lors de son arrivée à Rome, quelques années plus tôt. Au cours de sa carrière, il peindra cette place une bonne quinzaine de fois – en adoptant toujours la même perspective.

Van Wittel commence alors à représenter divers coins de Rome avec toute la précision qui fera sa renommée : le Tibre, avec ses ponts et le château Saint-Ange installé sur sa rive droite, la Piazza Navona, le Colisée, la place Saint-Pierre, le Quirinal, la Villa Borghèse, les églises romaines, les rues, les petites places… Il incorporera ces éléments dans son œuvre à plusieurs reprises, en partant à chaque fois d’un même croquis.

Dès son arrivée à Rome, Gaspar van Wittel a su se constituer un vaste réseau de mécènes parmi lesquels figurent des familles aristocratiques romaines telles que les Sacchetti et les Colonna – dont il a par moment habité les palais –, mais également le noble Medinaceli, au départ ambassadeur d’Espagne, puis vice-roi de Naples à partir de 1696, qui lui a, au total, commandé pas moins de 35 tableaux – principalement des vues de Naples.