Le soleil levant de Van Gogh

2 mars 2018

Amandier en fleurs Vincent van Gogh, 1890 Musée Van Gogh, Amsterdam (Fondation Vincent van Gogh)

Ce printemps, et jusqu’au 28 juin, le musée Van Gogh présente Van Gogh et le Japon, une exposition d’envergure internationale qui met en lumière l’ascendant de l’art japonais sur l’œuvre du peintre. À travers près de 60 tableaux et dessins de l’artiste et une riche sélection d’estampes japonaises, l’exposition révèle combien le japonisme de Van Gogh a été fécond et à quel point son travail s’en est trouvé fondamentalement changé.

La rencontre de Van Gogh avec la gravure japonaise s’est révélée déterminante pour sa carrière d’artiste. Lors de son séjour à Paris (1886-1888), il tomba sous le charme de l’ukiyo-e, les estampes japonaises gravées sur bois du XIXe siècle et en fit collection à grande échelle. Ce que Van Gogh admira tant dans ces représentations hautes en couleur, furent les compositions inhabituelles, les grandes surfaces de couleurs vives ainsi que l’attention portée aux détails venus de la nature.

Les trois tableaux remarquables qu’il réalisa à Paris d’après des estampes japonaises, représentèrent ses premières explorations de ce nouveau modèle artistique. Rapidement, Van Gogh considéra l’art japonais comme un tournant dans son œuvre, comme en témoignent ses lettres d’Arles, où il s’installa début 1888, avec l’idée que le sud de la France ‘équivaut au Japon’. Il y apprit à regarder ‘d’avantage avec un œil japonais’ et y réalisa ‘des peintures comme les estampes japonaises’.

Des prêts exceptionnels

Des tableaux et dessins renommés de Van Gogh, en provenance de musées et de collections privées du monde entier, sont réunis pour Van Gogh & JaponAutoportrait à l'oreille bandée, 1889 (The Courtauld Gallery, Londres), un tableau fragile inédit aux Pays-Bas depuis 1930, retourne dans son ‘foyer spirituel’ au sein du Musée Van Gogh, suite à la fermeture du The Courtauld Gallery pour une importante transformation à l’automne 2018. L’estampe japonaise figurant à l’arrière–plan de ce célèbre autoportrait témoigne de l’amour de Van Gogh pour l’art oriental.

Autre point fort : Autoportrait, 1888 (Fogg Art Museum, Harvard Art Museums, Cambridge, Etats-Unis), où Van Gogh se représente en bonze, moine bouddhiste venu du Japon. Ce tableau révèle à quel point il s’identifia aux Japonais. Le prêt de cette œuvre impressionnante à l’occasion de Van Gogh & Japan est très exceptionnel, de fait elle ne peut être admirée qu’à Amsterdam.

Parmi les autres prêts remarquables figurent Portrait de Madame Roulin (La Berceuse), 1889 (Art Institute of Chicago), Sous-bois avec deux personnages, 1890 (Cincinnati Art Museum), La Crau avec pêchers en fleurs, 1889 (The Courtauld Gallery, Londres) et L’Arlésienne (Madame Ginoux), 1888 (The Metropolitan Museum of Art, New York). Ces chefs-d’œuvre sont présentés à côté des œuvres ‘japonaises’ de Van Gogh en provenance du musée portant son nom, comme Courtisane (d’après Eisen), 1887 et Amandier en fleurs, 1890.

Outre des estampes japonaises de la collection personnelle de Van Gogh, un grand nombre d’autres estampes d’autres collections peuvent être admirées, parmi lesquelles La Grande Vague de Kanagawa 1829-1833 (Rijksmuseum, Amsterdam) de Katsushika Hokusai.