Mata Hari: Mère et Mythe

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6 octobre 2017

Mata Hari: Mère et Mythe

Cent ans jour pour jour après sa mort, le Fries Museum de Leeuwarden raconte pour la première fois toute l’histoire de la vie de Margaretha Geertruida Zelle, plus connue sous le nom mystique de Mata Hari.

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Cent ans jour pour jour après sa mort, le Fries Museum de Leeuwarden raconte pour la première fois toute l’histoire de la vie de Margaretha Geertruida Zelle, plus connue sous le nom mystique de Mata Hari. Cette exposition ouvre les festivités dans le cadre de Leeuwarden, ville européenne de la culture 2018.

Au début du siècle dernier, cette fille originaire de cette ville frisonne se transformait en danseuse mondialement connue. Soupçonnée d’espionnage, elle fut arrêtée à la fin de la Première Guerre Mondiale par les services français, puis exécutée. Pour cette exposition, plus d’une centaine d’objets ont fait le voyage vers Leeuwarden. Dont une sélection de dossiers militaires français, récemment déclassifiés, qui seront présentés pour la première fois au public. Mata Hari : mère et mythe est la plus grande exposition jamais organisée à propos de la vie de Margaretha Geertruida Zelle.

Le 13 mars 1905, Mata Hari débutait en tant que danseuse dans la bibliothèque du Musée Guimet. Depuis Paris, elle conquit les théâtres européens, de Rome à Berlin et de Vienne à Madrid. Très vite, elle se fit un nom grâce à ses amants et admirateurs aisés et influents. Le 13 février 1917, les services secrets français arrêtaient Mata Hari. Depuis quelque temps déjà, elle était suivie par une équipe d’agents secrets. Après un procès où elle fit des déclarations contradictoires, un tribunal de guerre la condamnait à mort.

Les dossiers du tribunal dans l’affaire contre Mata Hari ont été conservés durant cent ans aux archives de la défense à Vincennes. Cette exposition les montre pour la première fois au public. Des comptes rendus de surveillance, des transcriptions de ses auditions ainsi que des pièces à conviction, comme les télégrammes interceptés d’un attaché militaire allemand, retracent le procès de Mata Hari.

L’exposition retrace les moments-clés de la vie de Margaretha. Un cahier de poésies, un bulletin scolaire ainsi que des poésies écrites de sa main racontent le bonheur de sa jeunesse à Leeuwarden. Des objets récemment acquis, lettres et photos, jettent une nouvelle lumière sur son rôle, méconnu jusqu’à présent, en tant que femme et mère aux Indes néerlandaises. Un album photo de naissance illustre comment elle suivait le développement de son fils Norman et de sa fille Non. Après la perte de leur fils, le couple se retrouva au milieu d’un divorce conflictuel. Le centre historique et littéraire de la Frise, Tresoar, a récemment acquis des lettres témoignant de cette période et prête cette correspondance. Ces objets montrent comment son ex-époux refusa de payer une pension alimentaire et comment il interdisait à son ex-femme tout contact avec sa fille. Margaretha écrit ses doutes : rester près de sa fille, ou aller à Paris pour se construire une carrière.

Paris

Le Musée Guimet à Paris prête au Fries Museum une statue de Shiva ainsi que 14 marionnettes Wayang. Ces objets formaient le décor lors de ses premiers spectacles dans la bibliothèque du riche industriel Émile Guimet. Les albums de Mata Hari datent également de cette période. Elle y notait minutieusement les photos, affiches, critiques et autres articles publiées à son propos. Cette collection personnelle fait partie des pièces-maîtresses de l’exposition. En 1916, peu avant son arrestation, Mata Hari fut immortalisée par le peintre Isaac Israëls. Ce portrait grandeur nature appartenant au musée Kröller-Müller a récemment été entièrement rénové. L’exposition Mata Hari : mère et mythe nous montre le tableau pour la première fois depuis cette restauration.

Après sa mort, Mata Hari devint un véritable mythe. Elle est icône de style, sex-symbole et femme fatale à la fois. Sa vie constitua le sujet d’un grand nombre de livres et suscita un véritable engouement international. Des vedettes de cinéma telles Greta Garbo, Sylvia Kristel et Marlène Dietrich jouèrent le rôle de Mata Hari. La collection propre du musée est élargie d’emprunts en provenance d’entre autres The National Archives à Londres, le Musée Guimet à Paris, les archives de la défense à Vincennes, la bibliothèque nationale de France, les Archives Nationales ainsi que diverses collections privées.

Du 14 octobre 2017 au 2 avril 2018, au Fries Museum de Leeuwarden