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Histoires hollandaises

Fleurs

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Les Pays-Bas, le pays des fleurs

Avec l’arrivée de la tulipe, les Pays-Bas ont changé de couleur pour toujours. Aujourd’hui, nous sommes connus pour nos DJ, notre fromage et nos équipes de football, mais les fleurs restent notre atout numéro 1 avec des exportations représentant 6,2 milliards d’euros. La floriculture a fait d’un petit pays une grande nation.

Celles et ceux qui ont la chance d’atterrir sur la piste Kaagbaan de l’aéroport de Schiphol, près d’Amsterdam, auront une première impression inoubliable des Pays-Bas, le pays des fleurs. La tour Eiffel pâlit face à la clarté des millions de lumières des serres de fleurs, dont les rangées composent de véritables villes de verre illuminées. Avec un peu de chance, vous apercevrez également le patchwork coloré formé par les tulipes, crocus, dahlias et glaïeuls.

Un moment magique : Love is in the air, this is Holland.

Il se passe quelque chose de très spécial dans ce petit pays de quelque 42 000 km2. Les Pays-Bas produisent 1,7 milliard de fleurs coupées par an, soit environ 60 % du commerce mondial et sont la Silicon Valley du monde des fleurs.

Chaque année, à l’occasion des fêtes de Pâques, le Pape remercie les Pays-Bas. La place Saint-Pierre est en effet décorée de fleurs et une grande partie des 20 millions de touristes étrangers qui la visitent aiment se prendre en photo au milieu des parterres fleuris. Cet amour immodéré des selfies n’est pas toujours du goût des producteurs de fleurs qui doivent faire appel à des ambassadeurs pour protéger leurs précieux trésors face à l’enthousiasme débordant des visiteurs. Look but don’t touch. Please.

Les visiteurs peuvent profiter toute l'année des fleurs néerlandaises. Le pays propose plein d'endroits à visiter et des fleurs à admirer toute l'année. Laissez-vous inspirer par l'histoire des fleurs des Pays-Bas.

Champs fleuris et hangars à bulbes

Dehors, un soleil voilé brille sur les champs de fleurs de Noordwijkerhout. La célèbre styliste néerlandaise Dorien van den Berg est assise sur un banc en bois, une tasse de thé aux fleurs de sureau à la main, sous un hangar à bulbes. Elle a vue sur un patchwork de tulipes. Les yeux fixés sur l’horizon, Dorien van den Berg déclare : « Alors que les champs de jonquilles forment un tapis jaune, la juxtaposition de tulipes de toutes les variétés crée des nuances incroyablement ravissantes. Seule la nature est capable d’une telle beauté. »

Dorien van den Berg a grandi au milieu des champs de fleurs, avec des grenouilles qui sautillent et des oiseaux qui gazouillent. Une image remplie de bonheur. « Dans ces hangars à bulbes, mon père et ses voisins discutaient des hauts et des bas de leurs petites parcelles privées séparées par des fossés. On parlait toujours de la météo. Si l’on pouvait semer ou non, sortir les bulbes de terre, récolter. Ils regardaient le ciel et savaient quel temps il allait faire. »

La culture des bulbes était une activité familiale. « Pendant les vacances scolaires, je rentrais à la maison pour aider mon père à étêter les iris ou compter les fleurs coupées. Ensuite, nous allions manger un repas chaud. Mon grand-père était assis à un bout de la table, mon père à l’autre. Une tradition et un vrai sentiment de sécurité. », se souvient Dorien van den Berg.

Dorien van den Berg a choisi de partir à la conquête du monde. En tant que styliste florale, elle a décoré des palais pour des cheikhs du Moyen-Orient, organisé des mariages au Japon et enseigné au Liban, en utilisant des fleurs de son pays bien sûr. Tous les Néerlandais étaient fiers lorsqu’elle a été invitée à deux reprises à l’émission de télévision américaine de Martha Stewart où elle a parlé, telle « Miss Lily », de la beauté des lis néerlandais.

Même si elle est aujourd’hui une star, Dorien van den Berg a conservé sa sobriété néerlandaise. La styliste a bousculé la tradition en créant par exemple des bouquets de lis. Auparavant, ces fleurs étaient habituellement piquées dans de la mousse florale verte placée dans un pot blanc. Dorien, elle, dispose les tiges de lis dans de grands vases en verre avec un éclairage LED. Son approche est désormais classique. « Je travaille avec la nature, mais j’utilise des techniques modernes. » Dorien van den Berg se sent toujours bien avec les fleurs.

Landshed near Voorhout

Les hangars à bulbes, patrimoine industriel

Suite à la réalisation d’économies d’échelle, il ne reste que 400 hangars à bulbes sur les 1 500 que comptait auparavant la région. Ils appartiennent au patrimoine industriel néerlandais. Si certains trouvent que les hangars sont laids, d’autres pensent que ces abris instables font la spécificité de la région des bulbes. Vous ne pouvez pas les visiter, mais lors de votre sortie dans la région des bulbes, vous allez sûrement les rencontrer pour les admirer de loin.

Les bons conseils de Dorien

« Louez un vélo, trouvez un itinéraire et profitez du paysage coloré avec les entrepôts traditionnels où les bulbes sont stockés. Pour les snacks et boissons, une seule adresse : Como & Co. près du lac Oosterduin à côté de Noordwijkerhout. Si vous cherchez l’inspiration, ne manquez pas les jardins d’Appeltern près de Nimègue. Et pour les audacieux, la baraque à harengs en face de l’Église réformée de Noordwijk (du 1er mars au 1er novembre) est incontournable.

PS : je les mange sans oignons. »

L’univers secret des bulbes

Fertilisation croisée en laboratoire

Ces champs de bulbes sont en quelque sorte la matrice dans laquelle les fleurs poussent avant d’être coupées, vendues aux enchères et transportées jusque chez le fleuriste. La plantation d’un bulbe n’est que la dernière d’une longue série d’étapes. En amont, de nombreux laboratoires de producteurs effectuent tout un travail de sélection en croisant graines et/ou pollens afin d’obtenir des fleurs plus fortes et plus résistantes aux maladies et aux ravageurs. Et parfois, les chercheurs ont le bonheur de trouver une magnifique nouvelle couleur, un nouveau parfum ou une nouvelle forme.

Facile non ? Et bien pas du tout. C’est un vrai jeu de poker que d’arriver à obtenir une nouvelle variété sans perdre les qualités de l’original. Parfois, il peut falloir jusqu’à vingt ans pour parvenir à mettre en culture une nouvelle variété de tulipe. Le secret entoure habituellement l’activité des laboratoires et les découvertes suscitent une grande effervescence. Il ne faut pas perdre de temps pour baptiser les nouveautés et les enregistrer officiellement sous des noms tels que Lingerie, Triple A, Heartbreaker ou encore Og3NE.

Quand viendrez-vous admirer les fleurs hollandaises ?

Les bulbes adorent la météo hollandaise

La région des bulbes au sud d’Amsterdam, le nord de la Hollande-Septentrionale et une partie de la province du Flevoland sont les terres des Pays-Bas les plus réputées pour la floriculture. Tulipes, crocus, jonquilles et jacinthes y poussent de fin mars à fin mai. En été, ces fleurs font place aux glaïeuls, dahlias, œillets et asters. C’est donc un enchantement visuel pour les touristes tout au long de l’année.

Pourquoi le sol de ces régions est-il si adapté à la culture des fleurs et pas, par exemple, celui du sud des Pays-Bas ? C’est le fruit d’une mystérieuse alchimie entre acidité, air marin et sable. En clair, il y a quatre siècles, le sable des dunes en bord de mer était utilisé pour construire d’élégantes maisons de campagne pour les riches marchands originaires de l’intérieur des terres. Qui dit belle maison de campagne, dit belles fleurs et la tourbe que l’on trouve dans les excavations creusées dans les dunes s’est avérée être un sol idéal pour les tulipes, les jonquilles et les crocus, entre autres.

Les embruns, le sol bien drainé et le taux d’acidité offrent des conditions rêvées. En outre, le climat hollandais est parfaitement adapté. Le froid saisit le bulbe qui se transforme, passant de la taille d’une bille à celle d’une petite balle de tennis. Et les averses régulières font pousser de grandes et belles fleurs. Cette météo convient aux bulbes d’hiver (tulipes, etc.), les bulbes d’été préférant, eux, l’obscurité. Les Néerlandais eux-mêmes aiment la chaleur, la lumière et le temps sec. C’est pourquoi ils se plaignent souvent du temps qu’il fait.

La folie des bulbes

Tout a commencé avec un bulbe de tulipe venu de Turquie et baptisé Tulipan (turban en néerlandais). Cette variété doit probablement son nom à la forme des turbans portés par les Turcs. Les marchands hollandais qui, au XVIIe siècle – le Siècle d’or – parcouraient le monde à la recherche d’épices et de produits de luxe, ont rapporté ce bulbe de tulipe dans ce qui était alors la République des Sept Provinces (les Pays-Bas d’aujourd’hui).

La tulipe doit sa notoriété au sens commercial et aux infrastructures des Hollandais et non aux Turcs. Les Néerlandais ont développé le commerce des tulipes en profitant des voies navigables et des routes qui existaient déjà pour le transport. Les jardiniers ont appris à créer de nouvelles variétés pour les propriétaires de beaux domaines en ne sachant bien souvent pas quel genre de fleur allait naître de leur travail. Ainsi, les tulipes rayées et flammées sont généralement le fruit d’infections virales. À l’époque, personne ne le savait ni ne s’en souciait, car on trouvait le résultat magnifique. En Europe, une mode est apparue au XVIIe siècle.

Les dames d’honneur françaises payaient 300 florins pour une fleur de tulipe dont elles ornaient leur décolleté.
Vers 1630, les prix augmentèrent tant qu’on payait 6 000 florins pour un bulbe de tulipe, le Semper/Augustus, soit le prix d’une maison de maître à Amsterdam. Certains commerçants vendaient des bulbes de tulipes avant même qu’ils ne soient en terre. Cette spéculation ne pouvait qu’aboutir à un effondrement du marché. La folie des tulipes ou tulipomanie du Siècle d’or est d’ailleurs considérée par les économistes comme la première vague ou bulle spéculative de l’histoire mondiale, comparable au krach boursier de 1929, à la bulle Internet des années 90, à la crise du crédit et à l’essor du Bitcoin.
Après des périodes difficiles, la floriculture connaît une énorme croissance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Tout comme dans l’industrie agroalimentaire, la mécanisation permet de réaliser des économies d’échelle et, grâce aux engrais et désherbants, la filière floricole néerlandaise conquiert le monde. De plus en plus de jardiniers disent au revoir à leur patron pour devenir eux-mêmes producteurs. Les Pays-Bas réussissent à fournir des variétés de fleurs en grand nombre toute l’année et à bas prix. À ce jour, ils sont le cinquième plus grand pays exportateur au monde et plus de 80 % des bulbes commercialisés à travers le monde viennent des Pays-Bas.

Dans quels pays les Pays-Bas exportent-ils les fleurs et les plantes ? 

Source : Floridata
274M€
Pologne – 4,4%
301M€
Italie – 4,8%
813M€
France – 13%
855M€
Royaume-Uni – 13,7%
1.666M€
Allemagne – 26,7%

Le commerce international des fleurs

Les producteurs de fleurs sont des lève-tôt. L’horloge des enchères démarrait autrefois traditionnellement à six heures et les lumières ne s’éteignent jamais dans les serres. Dans ces belles structures de verre, qui façonnent le paysage hollandais, les fleurs sont cultivées toute l’année en reproduisant les conditions naturelles. Lorsqu’il gèle, rien ne se passe pour le lis. À 20 °C, il va germer et rien ne pourra plus l’arrêter. C’est ainsi que la nature est stimulée pour livrer, par exemple, des fleurs fraîches juste avant la Saint-Valentin.

Hans Kleijwegt, le gourou des bulbes de lis, ne s’en cache pas, lorsqu’il arpente les serres et qu’il est seul avec ses « filles », il leur parle. « Malheureusement, elles ne répondent jamais. », ajoute-t-il en souriant.

Le remarquable exemple de Hans Kleijwegt montre qu’il est possible pour un parfait autodidacte de réussir dans la floriculture néerlandaise. Fils de maraîcher, Hans était destiné à reprendre l’exploitation familiale de tomates et de poivrons, mais les choses n’allaient pas assez vite à son goût. Pour faire pression sur son père, il postula dans l’entreprise de bulbes Van den Bos à Honselersdijk et, contre toute attente, fut embauché.

Hans Kleijwegt a gravi les échelons dans l’entreprise et fait de Van den Bos le plus grand exportateur mondial de bulbes de lis. 250 millions de bulbes quittent chaque année l’exploitation de Honselersdijk. Son sens aigu des affaires lui a permis d’obtenir ce succès et, en plus de son travail, l’entrepreneur a étudié la philosophie, la sociologie et assisté à des master class de Tony Robbins, le gourou américain de l’entraide. Qu’est-ce qui motive Hans Kleijwegt ? « La vie cosmopolite me plaît. Je me suis rendu dans 50 pays, j’ai vécu cinq ans en Californie et j’ai des sites au Chili et en Éthiopie. Après 40 ans dans l’entreprise, mon cœur bat toujours plus fort lorsque je me promène dans les serres. Un bulbe est le point de départ d’un produit naturel qui fera le bonheur des gens à travers le monde. Et le lis innove ! Nous produisons déjà des variétés inodores par exemple. »

Comme vous êtes belles. Faites de votre mieux, vous allez rendre des gens heureux quelque part dans le monde.
Hans Kleijwegt
Exporteur Hans Kleijwegt in a greenhouse

Les lis sont traditionnellement cultivés en Hollande-Septentrionale, mais on trouve aujourd’hui des plantations un peu partout aux Pays-Bas, et au Chili, où de vastes terres agricoles sont disponibles et où les cultures peuvent se faire avec moins de produits chimiques.

Le parfum, l’éclosion, la gloire et la mort, le lis est une fleur riche en symbolisme, souligne Hans Kleijwegt. « Du temps des Grecs et des Romains, les mariées portaient une couronne de lis sur la tête dans l’espoir d’une vie pure et fructueuse. Pour les personnes d’un certain âge, le lis est surtout lié à la mort et aux funérailles, alors que pour les jeunes, il est un symbole de bonheur, d’amour et de virginité. »

Lorsqu’on lui demande ce qui fait des Pays-Bas le pays des fleurs, Hans Kleijwegt n’hésite pas une seconde. « Nous avons inventé l’économie du partage avant qu’elle devienne branchée. Ici, à Naaldwijk, toutes les entreprises sont réunies autour de la halle de vente aux enchères, véritable centre nerveux du secteur dont nous faisons tous partie et qui nous permet de partager nos connaissances et notre expérience. Peut-être que la foi dans le Westland a aussi à voir avec cette solidarité. Bien sûr, en tant qu’entreprises, nous nous faisons concurrence, mais nous avons aussi un intérêt commun. Ce n’est pas sans raison que l’on parle de modèle des polders pour l’économie néerlandaise. »

Petite explication : le modèle des polders est un terme néerlandais typique qui fait référence à la concertation. Les Pays-Bas étant largement en dessous du niveau de la mer, les polders étaient régulièrement inondés. Comme seule une action commune pouvait résoudre le problème, les agriculteurs mirent leurs différends de côté pour garder les pieds au sec. De nos jours, le modèle des polders symbolise également l’esprit de concertation qui règne sur la scène politique néerlandaise et permet à plusieurs partis de gouverner ensemble et de prendre en compte l’opinion de chacun. Unique au monde !

Les bons conseils de Hans
Enfourchez un vélo et empruntez l’une des pistes cyclables qui sillonnent le Westland ou allez voir de près les serres de verre que vous croiserez sur le chemin. Ne manquez pas la vente aux enchères Royal FloraHolland à Naaldwijk qui rappelle à quel point les Pays-Bas sont le pays des fleurs. C’est un spectacle incroyable. Chez Wollebrand (wollebrand.nl) à Honselersdijk, vous pourrez déguster un délicieux repas en terrasse en regardant les gens qui s’adonnent aux sports nautiques et pourrez vous-même faire du ski nautique ou du wakeboard.

Les fleurs dans l’art néerlandais

Vincent Van Gogh a ses tournesols, Piet Oudolf ses jardins de graminées, Bas Meeuws ses natures mortes de fleurs numériques, Marcel Wanders sa chaise tulipe et sa chaise dahlia, Studio Drift son installation lumineuse Meadow, Ermi van Oers ses plantes éclairées Living Light, la photographe Elspeth Diederix son Miracle Garden, Fleurien Dingemans son Power of Flower. Cherchez ces noms sur Google et vous trouverez un kaléidoscope de créations inspirées par les fleurs.

Qu’est-ce que ces personnalités néerlandaises ont en commun ? Une bonne dose d’originalité, un vrai génie créatif et l’amour des fleurs. Même un immense artiste non figuratif comme Piet Mondriaan (1872-1944) peignait toujours des fleurs entre ses tableaux aux lignes épurées. Avec leur sensationnelle façon de s’épanouir, leur riche symbolisme et leurs splendides couleurs, les fleurs suscitent un amour intemporel.

Meadow by Studio Drift
Tulip chairs in Andaz Amsterdam Prinsengracht Hotel
Tulip chairs in Andaz Amsterdam Prinsengracht Hotel
Living Light Launch by Nova Innova
Living Light Launch by Nova Innova

Cette fascination débute à peu près au moment du Siècle d’or, la première période de gloire des fleurs hollandaises. Comme on ne trouvait pas de fleurs fraîches tout au long de l’année, les natures mortes devinrent de plus en plus prisées. La fantaisie créative prit alors le pouvoir, car, sur un tableau, toutes les fleurs peuvent être représentées ensemble, alors que, dans la vraie vie, elles ne fleurissent pas en même temps. De cette manière, la peinture florale est progressivement devenue une forme d’art.

Le genre est resté populaire du XVIIe au XIXe siècle. C’est ainsi que les frères hollandais Gerard et Cornelis van Spaendonck, se rendirent à Paris pour exécuter des peintures florales sur des murs, toiles et tuiles à la cour du roi Louis XVI. Vers la fin du XIXe siècle, des maîtres de la peinture moderne comme Vincent Van Gogh commencèrent également à peindre des fleurs, notamment dans des natures mortes. Van Gogh a peint des tournesols pour la première fois en 1886 et ne s’est plus jamais arrêté. Dans l’une des nombreuses lettres envoyées à son frère Théo alors qu’il vivait en France avec l’artiste français Paul Gauguin, il écrivait : « Le tournesol est à moi, c’est ma signature artistique. ».

Deux ans plus tard, Vincent Van Gogh se coupait l’oreille dans un accès de rage et commençait à basculer dans la folie. Son travail n’en souffrit néanmoins pas. Le musée Van Gogh d’Amsterdam expose aujourd’hui 200 tableaux et 500 dessins. La très belle boutique du musée commercialise par ailleurs de beaux objets liés à ce grand artiste.

Ils sont têtus, ces Hollandais. Prenez l’architecte paysagiste Piet Oudolf (75 ans) de Hummelo, qui est devenu mondialement célèbre avec ses jardins de graminées (High Line et Remembrance à New York et le Chelsea Flower Show en Angleterre). Il a aussi conçu le jardin qui entoure le musée Voorlinden. Ce penseur atypique a su voir la beauté des végétaux et des fleurs après la floraison. Il a redonné vie aux plantes et aux mauvaises herbes mortes. « Le jardinage est généralement une affaire d’ordre, la végétation doit toujours s’épanouir et être au summum de sa beauté. J’ai abandonné cette idée. De nombreuses plantes mortes restent belles longtemps, juste après avoir connu leur apogée. », explique Piet Oudolf.

Innovations dans la floriculture

Plus vous vous rapprochez de la maison de vente aux enchères, plus les camions géants se multiplient sur la route. Pour vous garer, vous emprunterez une rampe spectaculaire qui vous conduira sur le toit du bâtiment offrant une vue panoramique sur Royal FloraHolland, la plus grande maison de vente aux enchères de fleurs au monde. Le premier moment fort d’une visite qui en comptera beaucoup.

Qu’il s’agisse de sélection de variétés, de construction de serres ou de développement durable, notre pays est à la pointe en matière d’innovation. Albert Haasnoot, responsable du programme de développement durable, sait pourquoi les Pays-Bas sont la Silicon Valley du monde des fleurs : « Les producteurs ont toujours partagé leurs connaissances et leur expérience. Cela leur a permis de se spécialiser et de devenir imbattables au niveau mondial sur le plan du savoir-faire et de la créativité. »

Vous ne pouvez multiplier que si vous pouvez diviser

Les entrepreneurs collaborent avec des universités telles que celle de Wageningen dans le domaine de la biotechnologie et des techniques d’ADN moléculaire. L’objectif est de rendre les cultures plus résistantes aux maladies et aux ravageurs. Notre pays est également une figure de proue de la durabilité en matière de construction de serres. Les toits en verre intègrent des panneaux solaires qui permettent d’utiliser l’excédent de chaleur pour chauffer les zones résidentielles en hiver et refroidir les serres en été.

Geothermie Westland est un autre projet qui attire l’attention du monde entier. L’eau à 140 °C pompée dans les strates de la terre à 4 kilomètres de profondeur permet d’alimenter en chaleur 475 foyers, 30 entreprises horticoles du Westland et les entrepôts industriels Royal FloraHolland de Naaldwijk.

Des recherches approfondies sont également menées pour remplacer les produits phytosanitaires par des produits naturels. Le thrips, redouté insecte blanc allongé aux ailes ciliées, est l’ennemi numéro 1 dans les serres. Alors qu’il fallait auparavant employer des moyens radicaux, on utilise aujourd’hui la sève d’une plante particulière pour le contrôler. Cette solution a été « conçue grâce à la collaboration de sept producteurs », rapporte fièrement Albert Haasnoot. Et dans la lutte contre un champignon invisible qui s’attaque aux fleurs d’amaryllis, on mène même une expérience avec des chiens de détection. Aux Pays-Bas, rien n’est trop compliqué.

On produit déjà des lis sans pollen, qui évitent aux clients de se tacher de jaune lorsque la fleur tombe. Du côté du parfum, les innovations ne manquent pas non plus avec des variétés inodores ou, au contraire, des lis dont la senteur évoque un parfum Chanel.

Les plantes, belles, mais pas que

De plus en plus d’études montrent que l’intérêt de la végétation n’est pas qu’esthétique. Les plantes produisent de l’oxygène, contribuent à lutter contre la pollution atmosphérique et le changement climatique, rendent les gens heureux et améliorent leur santé. Les architectes paysagistes néerlandais construisent des villes vertes dans le monde entier et, dans notre propre pays, nous travaillons sur de nombreux fronts pour verdir nos agglomérations.

La ville d’Almere travaille actuellement d’arrache-pied à l’exposition mondiale Floriade, qui se tiendra en 2022. Placée sous le signe de « La ville verte dans le futur », cette septième édition s’intéressera aux innovations néerlandaises en matière de lutte contre les problèmes d’urbanisation mondiaux. Les thèmes abordés seront la nourriture, l’énergie, la végétation et la santé. Growing Green Cities (Cultiver des villes vertes) est la devise de l’évènement.

Et, Floriworld, un tout nouveau centre d’expérience sur le fonctionnement du monde des fleurs et des plantes aux Pays-Bas, a ouvert à Aalsmeer. Spectaculaire et instructif.

Loin du tumulte des innovations techniques, on trouve l’approche douce de la pépinière et de l’atelier de fleurs Loofwerk. Sur le domaine Op Hodenpijl près de Delft, Mariëtte Kamphuis cultive de manière biologique et en pleine terre des « fleurs lentes ». Ces fleurs de saison sont utilisées dans des compositions florales et des natures mortes, avec des jonquilles au printemps et des branches, des fleurs séchées, des graminées et des graines en hiver. « Renouer avec le rythme naturel des saisons n’est absolument pas un recul, au contraire c’est un énorme enrichissement. », souligne Mariëtte Kamphuis.

L’amour du métier

Un grand homme dans un curieux petit bateau. Jan de Boer, fauteur de troubles. On aperçoit souvent Jan de Boer au bord de l’eau à Brasserie de Haven, Aalsmeer. Entrepreneur et propriétaire de la société d’exportation de fleurs Barendsen, il possède le Tiny Flower Boat, une mini-maison flottante aux auvents violets. Avec Jan de Boer, les réunions ne se font pas au bureau, mais en bateau, sur les étangs de Westeinder. Tous les professionnels du monde entier connaissent le « bateau de Jan ».

Jan de Boer aime faire du bruit. Ses collègues le surnomment  « l’exportateur d’émeutes », mais il est loin d’être fou, il aime juste faire les choses autrement. Il a ainsi demandé à dix futures mariées de se présenter à un salon pour mettre en valeur ses fleurs, il adore porter des chaussures à fleurs et n’hésite pas à se rebeller lorsqu’une décision politique lui déplaît.

Jan de Boer aime les Pays-Bas, le pays des fleurs. « Il y a tellement de gens différents qui travaillent avec les fleurs de façon différente qu’on peut vraiment parler d’un pays fou de fleurs. Partout, je vois des passionnés qui veulent promouvoir la profession. Même des jeunes gens bien éduqués. Ils me donnent de l’énergie. Tout change dans le monde, sauf l’amour du métier.

C’est simple, c’est une histoire de passion et d’amour. 

La passion des producteurs de fleurs a suscité votre curiosité ? L’histoire des fleurs des Pays-Bas est à découvrir dans de nombreux endroits et pendant toutes les saisons ! Les champs de bulbes en fleur au printemps, mais aussi les corsos fleuris et les jardins à l’automne. Sans oublier les fleurs représentées dans l’art, une visite au marché international des fleurs ou une promenade dans le plus ancien jardin botanique aux Pays-Bas.